ANTIDATE / 7 JUILLET 2026
Le Cameroun a enregistré 21 000 nouvelles infections au VIH en 2025, selon les premiers résultats de l'enquête nationale CAMPHIA 2024-2025.
Si les indicateurs de prise en charge progressent avec une couverture thérapeutique élevée et une suppression virale chez la majorité des patients traités, le dépistage reste insuffisant.
Les autorités sanitaires souhaitent désormais concentrer leurs efforts sur les jeunes et les hommes afin de réduire les nouvelles contaminations.
Présentés le 7 juillet 2026 à Yaoundé par le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, ces résultats offrent un état des lieux actualisé de l'épidémie de VIH au Cameroun et constituent une base stratégique pour orienter les futures politiques de santé publique.
Une enquête nationale pour mesurer l'impact du VIH au Cameroun Menée entre septembre 2024 et janvier 2025, l'enquête CAMPHIA (Cameroon Population-based HIV Impact Assessment) a couvert les dix régions du Cameroun.
Cette étude de grande ampleur vise à évaluer la situation du VIH dans le pays, à mesurer l'efficacité des programmes de lutte contre l'épidémie et à fournir aux décideurs des données fiables pour adapter les interventions.
Les résultats présentés permettent notamment d'estimer le nombre de personnes vivant avec le virus, d'évaluer les performances du dépistage et du traitement, mais aussi d'identifier les groupes de population les plus exposés.
Plus de 501 000 Camerounais vivent avec le VIH
Selon les données dévoilées lors de la cérémonie officielle, plus de 501 000 personnes vivent actuellement avec le VIH au Cameroun. L'enquête révèle également que 21 000 nouvelles infections ont été enregistrées au cours de l'année 2025.
Même si ce chiffre traduit une poursuite de la circulation du virus, il constitue surtout un indicateur précieux pour suivre l'évolution de l'épidémie et mesurer l'impact des stratégies nationales de prévention.
Les femmes demeurent les plus touchées. Les données montrent une concentration plus importante des cas chez les femmes âgées de 30 à 34 ans, ainsi que dans la tranche des 50 à 54 ans.
Ces résultats pourraient orienter des campagnes de prévention mieux ciblées auprès des populations les plus vulnérables.
Les régions les plus concernées par l'épidémie
L'enquête CAMPHIA met également en évidence des disparités selon les régions. Le Nord-Ouest affiche la prévalence la plus élevée avec 5,6 %, devant le Centre (hors Yaoundé) à 5,3 % et la région du Sud avec 4,8 %.
Ces différences territoriales constituent un indicateur important pour les autorités sanitaires, qui pourront ajuster la répartition des ressources, renforcer les campagnes communautaires et améliorer l'accès aux services de prévention et de soins dans les zones les plus touchées.
Des résultats encourageants en matière de traitement
Les performances enregistrées dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH figurent parmi les principaux enseignements de cette enquête. Selon les données officielles, 96,4 % des personnes diagnostiquées reçoivent un traitement antirétroviral.
Autre indicateur particulièrement encourageant : 95 % des patients sous traitement présentent une charge virale supprimée.
En pratique, cela signifie que le virus est contrôlé grâce aux médicaments, ce qui améliore la qualité de vie des patients et réduit fortement le risque de transmission.
Ces résultats témoignent des progrès réalisés par le système de santé camerounais en matière d'accès aux traitements et de suivi médical.
Le dépistage, principal défi de la lutte contre le VIH
Malgré ces avancées thérapeutiques, les résultats de CAMPHIA soulignent une faiblesse persistante : le dépistage. Seulement 77,1 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique.
Cela signifie que près d'une personne sur quatre porte le virus sans le savoir, retardant ainsi son accès aux soins et augmentant le risque de transmission. Le ministère de la Santé publique considère désormais cette question comme l'une des priorités de la riposte nationale.
« Le ministère de la Santé souligne ainsi la nécessité de renforcer les campagnes de dépistage, en particulier auprès des jeunes et des hommes. »
L'objectif est d'améliorer l'accès au dépistage volontaire, de multiplier les actions de sensibilisation et de réduire les obstacles qui freinent encore le recours aux services de santé.
Une feuille de route pour renforcer la riposte nationale
Au-delà des chiffres, l'enquête CAMPHIA 2024-2025 fournit aux autorités sanitaires un outil d'aide à la décision. Les données recueillies permettront d'affiner les politiques publiques, de cibler les populations les plus exposées et d'optimiser les investissements consacrés à la lutte contre le VIH.
Les progrès observés dans la prise en charge montrent que les efforts engagés produisent des résultats concrets. Toutefois, les 21 000 nouvelles infections enregistrées en 2025 rappellent que l'épidémie reste un enjeu majeur de santé publique.
L'amélioration du dépistage, notamment chez les jeunes et les hommes, apparaît désormais comme un levier essentiel pour réduire durablement les nouvelles contaminations et poursuivre les avancées vers le contrôle de l'épidémie au Cameroun.



