ANTIDATE / 19 MAI 2026

Le Cameroun a profité de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la Santé, organisée à Genève, pour défendre une réforme ambitieuse du financement des systèmes de santé en Afrique.

Devant des responsables internationaux, le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, a appelé à bâtir des mécanismes de financement plus solidaires afin de garantir un accès équitable aux soins.

Le pays a également présenté les premiers résultats de sa Couverture Santé Universelle (CSU), tout en annonçant l’organisation d’un forum régional sur cette thématique en septembre 2026.

Le Cameroun porte la voix de l’Afrique à Genève

Le 19 mai 2026, en marge de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la Santé, le Cameroun a participé à une rencontre stratégique de haut niveau consacrée au financement des systèmes de santé africains.

Cette session, organisée conjointement par le Fonds mondial, l’Union africaine et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a réuni des ministres, des responsables d’institutions internationales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des experts venus de plusieurs continents.

À cette tribune, le ministre camerounais de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, a défendu une vision fondée sur un accès plus équitable aux soins et sur le renforcement de la résilience des systèmes de santé face aux crises sanitaires, économiques et humanitaires.

Le financement de la santé, un enjeu de souveraineté

Dans son intervention, le ministre a estimé que le financement de la santé ne pouvait plus être considéré comme une simple question budgétaire.

Selon lui, il s’agit désormais d’un levier essentiel de justice sociale, de dignité humaine et de souveraineté des États africains.

S’appuyant sur les analyses de l’OMS, il a rappelé que de nombreux ménages continuent d’assumer directement une part importante de leurs dépenses de santé, une situation qui fragilise les familles les plus modestes.

« Trop de ménages continuent de vendre leurs biens, de s’endetter ou de renoncer aux soins faute de moyens », a déclaré le Dr Malachie Manaouda.

À travers ce constat, le ministre a plaidé pour des modèles de financement capables de réduire les dépenses supportées par les patients et de garantir une meilleure protection financière des populations.

Les premiers résultats de la Couverture Santé Universelle

Le Cameroun a également profité de cette rencontre internationale pour présenter les avancées enregistrées depuis le lancement de la Couverture Santé Universelle (CSU) en avril 2023. Selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires, plus de 4,7 millions de Camerounais sont désormais inscrits sur la plateforme de la CSU.

Le gouvernement souligne que cette réforme a déjà permis à des millions d’enfants d’accéder gratuitement à des consultations médicales, tandis que plusieurs centaines de milliers d’accouchements ont bénéficié d’une prise en charge.

Ces résultats sont présentés comme une illustration de la volonté des pouvoirs publics d’améliorer progressivement l’accès aux soins, en particulier pour les populations les plus vulnérables.

Des investissements publics en hausse

Au-delà de la CSU, le ministre de la Santé publique a mis en avant les efforts budgétaires consentis par l’État camerounais.

Selon lui, les ressources consacrées au secteur de la santé ont connu une progression significative au cours des trois dernières années.

Cet engagement financier vise à renforcer les infrastructures sanitaires, améliorer la qualité des soins, soutenir les programmes de prévention et accroître les capacités de réponse face aux urgences de santé publique.

Pour les autorités, ces investissements constituent un élément indispensable afin de consolider les réformes engagées et de bâtir un système de santé plus performant.

Un forum régional annoncé à Yaoundé

Dans le prolongement des discussions de Genève, le Cameroun a annoncé l’organisation, en septembre 2026, d’un Forum régional sur la Couverture Santé Universelle et le financement de la santé.

Cette rencontre devrait rassembler des représentants de gouvernements africains, des organisations internationales, des experts, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur privé.

L’objectif affiché est de favoriser le partage d’expériences, d’identifier des mécanismes de financement innovants et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités du continent.

Les autorités espèrent ainsi faire du Cameroun une plateforme de réflexion sur les politiques de santé et contribuer à l’émergence de stratégies africaines durables.

Vers une nouvelle vision de la santé en Afrique

La participation du Cameroun à cette rencontre internationale traduit une volonté de prendre part aux grands débats qui façonnent l’avenir des systèmes de santé sur le continent.

En défendant un financement plus solidaire et en partageant les premières retombées de la Couverture Santé Universelle, le pays met en avant une approche qui vise à réduire les inégalités d’accès aux soins. À Genève, le message porté par le Dr Malachie Manaouda est resté constant : faire en sorte que les soins de santé ne soient plus conditionnés par les revenus des ménages.

Ce plaidoyer s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des systèmes sanitaires africains, avec l’ambition de faire de la santé un droit effectif pour tous et un pilier du développement durable du continent.