ANTIDATE / 29 JUIN 2026

Le gouvernement camerounais franchit une nouvelle étape dans le vaste chantier de relance de la Société Nationale de Raffinage (SONARA).

Près de sept ans après le violent incendie qui avait paralysé une grande partie des installations de la raffinerie de Limbé, les autorités recherchent désormais des partenaires privés capables d'accompagner un ambitieux projet de réhabilitation et de modernisation estimé à 250 milliards de FCFA.

Cette initiative vise à redonner à la seule raffinerie du Cameroun un rôle stratégique dans l'approvisionnement du pays en produits pétroliers, tout en renforçant son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

Une consultation pour attirer les investisseurs

Le lundi 29 juin 2026, Yaoundé a accueilli une importante consultation du marché consacrée au projet de réhabilitation de la SONARA.

Organisée à l'hôtel Hilton sous la coordination du ministère des Finances, cette rencontre marque une nouvelle phase dans le processus de sélection d'un partenaire privé dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP) de type DBFM (Design, Build, Finance and Maintain).

Parmi les personnalités présentes figurait le professeur Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique par intérim.

En tant que membre de la plateforme stratégique interministérielle chargée du suivi de la restructuration de la SONARA, il a participé à cette cérémonie qui s'inscrit dans la continuité des études techniques et des travaux préparatoires menés depuis plusieurs mois.

Convaincre les acteurs majeurs du secteur pétrolier

Cette consultation ne se limitait pas à une simple présentation du projet. Elle avait pour ambition de mesurer l'intérêt réel des investisseurs et des partenaires financiers pour cette opération d'envergure.

À cette occasion, les autorités camerounaises ont réuni un large éventail d'acteurs internationaux : compagnies pétrolières, entreprises spécialisées en ingénierie, approvisionnement et construction (EPC), banques d'investissement, établissements financiers, prêteurs ainsi que plusieurs consortiums industriels.

L'objectif consistait notamment à analyser la viabilité économique du projet, à apprécier sa bancabilité et à recueillir les observations des futurs partenaires sur plusieurs aspects essentiels, notamment le partage des risques, les mécanismes de rémunération et les modalités de financement.

Les contributions des différents participants devraient permettre d'affiner la structuration financière et technique du projet avant le lancement des prochaines étapes.

L'incendie de 2019, un tournant majeur

La nécessité de reconstruire la SONARA trouve son origine dans le spectaculaire incendie survenu le 31 mai 2019 sur le site de Limbé, dans la région du Sud-Ouest. Le sinistre avait gravement affecté les capacités de production de la raffinerie.

Quatre des treize principales unités de production avaient été totalement détruites. Un réservoir de stockage de pétrole brut avait également été ravagé par les flammes, tandis que plusieurs autres installations avaient subi d'importants dégâts.

Depuis cet accident industriel, le Cameroun dépend largement des importations de produits pétroliers raffinés pour satisfaire la demande nationale, une situation qui pèse lourdement sur les finances publiques et la sécurité énergétique du pays.

Une infrastructure stratégique pour l'économie camerounaise

La remise en état de la SONARA dépasse largement le cadre d'un simple projet industriel. Pour les autorités, il s'agit d'un investissement stratégique destiné à renforcer la souveraineté énergétique du Cameroun, soutenir la croissance économique et améliorer la compétitivité du secteur pétrolier national.

Le recours à un partenariat public-privé devrait permettre de mobiliser les ressources financières et les expertises techniques nécessaires pour accélérer les travaux tout en limitant la pression sur le budget de l'État.

Au-delà de la reconstruction des installations endommagées, le projet prévoit également une modernisation des équipements afin de répondre aux standards industriels actuels et aux nouvelles exigences du marché énergétique.

Une ambition portée depuis plusieurs années

Avant même l'incendie de 2019, la SONARA était engagée dans un vaste programme de modernisation et d'extension de ses infrastructures, représentant un investissement global supérieur à 500 milliards de FCFA.

L'objectif affiché consistait à augmenter sensiblement les capacités de raffinage de l'entreprise. Alors que la raffinerie disposait d'une capacité de traitement estimée à 2,1 millions de tonnes de pétrole par an, les travaux devaient permettre d'atteindre 3,5 millions de tonnes annuelles.

Le sinistre est toutefois venu interrompre cette dynamique et repousser les ambitions initiales. Aujourd'hui, avec cette nouvelle offensive auprès des investisseurs internationaux, le gouvernement espère relancer définitivement ce projet stratégique.

Si les partenaires attendus répondent favorablement à l'appel, la SONARA pourrait progressivement retrouver son rôle de pilier de l'industrie pétrolière camerounaise et contribuer durablement à la sécurité énergétique ainsi qu'au développement économique du pays.